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InterNICHE Co-ordinator
Nick Jukes
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Leicester LE2 3LP
England
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Types de méthodes alternatives et impacts pédagogiques |
Chirurgie virtuelle et robotique
Au fur et à mesure que la qualité, la vitesse et les possibilités d'application des techniques de scan et d'imagerie vont aller en s'améliorant, on pourra intégrer de plus en plus souvent les données de patients individuels dans l'environnement de la réalité virtuelle. Les chirurgiens auront une meilleure qualité de visualisation et ils pourront ainsi effectuer au préalable des interventions chirurgicales virtuelles correspondant aux besoins du patient. La procédure actuelle peut très bien faire appel à des techniques endoscopiques et, d'ici un certain temps, des robots pourront servir d'outils chirurgicaux. L'expérience acquise en réalité virtuelle par les étudiants, à l'université, et les chirurgiens, dans le cadre de la formation continue, les aidera à se préparer aux procédures endoscopiques. En effet, outre le fait que la réalité virtuelle permet des simulations d'endoscopie, la technique même de l'endoscopie est en soi une technique de nature " virtuelle ", puisque l'endoscope s'actionne à distance et que la visualisation se fait à l'aide d'un écran.
Il en va de même pour la chirurgie robotique qui peut dépasser et améliorer la performance de l'homme et permettre d'atteindre des régions du corps difficiles d'accès par les moyens classiques. Des robots ont déjà été mis à l'essai en chirurgie cardiaque peu invasive. Les bras et instruments robotiques peuvent faire de la microchirurgie : sectionner et greffer des artères, faire des points de suture et des nœuds, en copiant les gestes " macro " du chirurgien qui se trouve à côté, mais sans le moindre tremblement. Cette extraordinaire sensibilité mécanique, ainsi que l'amélioration de la dextérité et de la précision offerte au chirurgien lui permettant une meilleure concentration mentale ne peuvent être que bénéfiques pour le patient.
A l'avenir, la réalité virtuelle sera également utilisée à distance dans diverses situations telles que l'examen clinique d'un patient lorsqu'il est difficile, voire impossible, au médecin ou à l'équipe médicale d'être physiquement sur place. La mise en réseau d'environnements virtuels permettra le partage d'expériences et l'on pourra réunir les ressources humaines en utilisant des systèmes de télécommunications, des ordinateurs très sophistiqués et des communications par satellite, pour répondre efficacement à des urgences médicales. Le téléguidage est l'application la plus probable dans un avenir immédiat, mais la chirurgie à distance est tout à fait concevable.
Cadavres et tissus d'animaux provenant de sources éthiquement acceptables
Pour un grand nombre d'étudiants en zoologie et pour tous les futurs vétérinaires, l'étude de l'anatomie ne serait pas complète sans un minimum d'expérience de terrain sur des animaux et des tissus d'animaux. De même, lorsqu'il s'agit de chirurgie, il y aurait de sérieuses lacunes au niveau de la formation si elle n'incluait pas un contact avec de vrais tissus ainsi qu'un entraînement aux gestes nécessaires pour les interventions chirurgicales. Il existe bien sûr des alternatives à la mise à mort et aux souffrances des animaux qui sont, non seulement, acceptables d'un point de vue éthique, mais qui répondent aussi aux besoins de formation mentionnés précédemment, comme l'utilisation de cadavres et de tissus obtenus à partir de sources éthiquement acceptables.
Dans le présent contexte, le terme " obtenu à partir de sources éthiquement acceptables " fait référence à des cadavres et des tissus provenant d'animaux morts de mort naturelle ou lors d'un accident, ou qui ont été euthanasiés car ils souffraient d'une maladie incurable ou d'une blessure grave sans guérison possible. Les animaux qui ont été tués ou à qui on a infligé des souffrances uniquement dans le but de fournir des cadavres et des tissus ne sont pas considérés comme étant des animaux provenant de sources éthiquement acceptables ; il en va de même pour les animaux provenant d'endroits où il est coutumier de tuer ou de faire du mal aux animaux. Pour que l'acquisition soit considérée comme éthique, il est également important qu'elle ne permettent pas de créer ni de favoriser un marché commercial.
L'utilisation de cadavres obtenus dans des conditions éthiquement acceptables n'a rien de nouveau. Dans la médecine, cela se pratique couramment. L'acquisition de ces cadavres par le système du don du corps est insuffisante, à l'heure actuelle, en raison du petit nombre de personnes consentant à faire ce don, cependant, ces programmes, joints à d'autres systèmes, couvrent une partie des besoins des étudiants en médecine pour les cours d'anatomie. Il n'y a aucune raison pour que cela en soit autrement avec les cadavres d'animaux obtenus de façon éthiquement acceptable et ce genre d'approvisionnement devrait poser moins de problèmes que celui concernant les cadavres humains.
Méthodes de remplacement
Pour les élèves qui ont réellement besoin d'acquérir des compétences en dissection en vue de la carrière à laquelle ils se destinent, la dissection en travaux pratiques d'anatomie de cadavres obtenus de manière éthiquement acceptable peut remplacer la dissection d'animaux tués expressément dans ce but. Ce genre de dissection peut venir se rajouter aux alternatives multimédias et autres méthodes de substitution ; les étudiants peuvent progresser en démarrant sur des modèles, des mannequins et des simulateurs leur permettant d'avoir les compétences de base, pour, ensuite, se perfectionner sur des cadavres. Les cadavres sont d'excellents outils pour s'exercer aux gestes cliniques et chirurgicaux, tant pour les étudiants que pour les professionnels (lorsque ces derniers doivent apprendre de nouvelles procédures). Comme les cadavres ont une grande valeur, on ne doit pas les utiliser pour l'apprentissage de base. En revanche, quand l'étudiant passe à l'étape suivante de sa formation, ce sont d'excellents outils pour arriver à apprécier le " ressenti " d'un vrai tissu et pour apprendre des techniques, telles que l'ouverture, la procédure chirurgicale et la fermeture. Les organes et tissus provenant de sources éthiquement acceptables peuvent aussi être utilisés pour se former à des techniques chirurgicales comme l'anastomose intestinale et des organes ou des cadavres entiers peuvent être perfusés avec des simulateurs pour permettre de s'exercer à différentes procédures et à l'utilisation de divers instruments chirurgicaux.
Les cadavres et tissus provenant d'animaux obtenus de façon éthiquement acceptable peuvent être utilisés pour développer et affiner le savoir-faire des étudiants avant les stages où ils sont amenés à travailler sur des patients vivants. Des études publiées sur ce sujet démontrent que les étudiants ayant utilisé des cadavres pour l'apprentissage des gestes chirurgicaux sont au moins aussi compétents que ceux qui ont utilisé des animaux vivants. De plus, les étudiants qui ont travaillé sur des animaux provenant de sources éthiquement acceptables éprouvent un ressenti très positif quant à leur expérience d'apprentissage6.
Des tissus frais d'animaux de provenance éthiquement acceptable peuvent aussi être utilisés en travaux pratiques de biochimie, de pharmacologie et de physiologie dans les situations où le multimédia n'est pas le meilleur choix. Des tissus provenant d'interventions chirurgicales bénéfiques pour les animaux, à condition qu'ils ne puissent pas être utilisés pour soigner d'autres animaux, peuvent tout à fait convenir aux travaux pratiques dans ces matières. Lorsque la tradition dicte d'utiliser tel ou tel organe, d'une espèce en particulier, pour des expériences ou des préparations, l'utilisation de tissus obtenus de façon éthiquement acceptable transformera alors l'expérience en une méthode alternative. S'il est impossible d'obtenir des iléons de cochon d'inde ou des jéjunums de lapins en quantité suffisante, une méthode alternative qui utilisera de vrais tissus pourra s'avérer possible : avec une très légère adaptation, l'expérience pourra s'effectuer en utilisant l'iléon ou le jéjunum d'animaux de petite taille appartenant à d'autres espèces et obtenu de façon éthiquement acceptable.
Programmes de dons de corps
Parmi les sources de cadavres d'animaux les plus pratiques, on compte les cliniques des écoles vétérinaires et les cliniques vétérinaires privées. On peut trouver des cadavres obtenus de façon éthiquement acceptable par le biais de " programmes de dons du corps " où les clients des cliniques donnent leur accord pour faire don du cadavre de leur animal de compagnie pour l'enseignement, après la mort naturelle de l'animal ou son euthanasie. Ces programmes sont aussi appelés " corps donnés ", " dons de clients ", " mémorial pédagogique ", et ont démontré qu'ils étaient viables et fonctionnaient bien dans un certain nombre d'universités, en leur procurant les cadavres nécessaires à la formation en anatomie et en chirurgie. Ce genre de programmes devrait être sérieusement envisagé par tous les départements qui ont réellement besoin de cadavres pour les besoins de l'enseignement (cf. Kumar, dans cet ouvrage).
Les programmes de dons de corps sont un excellent exemple des solutions présentant des avantages multiples que peut offrir la mise en œuvre du processus de remplacement des méthodes traditionnelles. Etant donné qu'un grand nombre de cadavres d'animaux sont jetés ou incinérés, ce genre de programmes récupère ces ressources auparavant négligées, tout en économisant de l'énergie et de l'argent et, qui plus est, des vies animales en se substituant directement à des mises à mort. Comme les antécédents médicaux de ces animaux sont connus et disponibles, leurs cadavres sont, soit garantis indemnes de pathologies, soit, dans le cas contraire, permettent aux étudiants d'avoir l'opportunité d'observer certaines pathologies ainsi que l'anatomie des animaux. Les étudiants seront soulagés de savoir que ces animaux n'ont pas été tués expressément et ils n'éprouveront pas le besoin de devenir des objecteurs de conscience ; l'environnement pédagogique ne pourra s'en trouver qu'amélioré. La profession, dès lors, pourra se permettre de faire preuve de compassion et d'empathie; d'établir un climat de confiance avec le public, en montrant qu'elle respecte le lien homme/animal et l'engagement vis-à-vis d'une éducation éthique. Les maîtres de l'animal de compagnie auront ainsi la possibilité de faire leur deuil en participant à l'éducation de futurs vétérinaires et, par là même, en aidant d'autres animaux. Le public peut aussi être sensibilisé au besoin de cadavres et de tissus pour l'enseignement et la recherche à partir du moment où la profession est à même de prouver que ses membres respectent et utilisent de manière éthiquement acceptable les corps des animaux défunts qui leurs sont confiés.
C'est, pour les universités, un défi très positif que de prendre contact avec d'autres départements ou avec des cliniques privées pour mettre en place une infrastructure afin d'utiliser les cadavres de façon efficace. Néanmoins, cela vaut la peine d'organiser des structures provisoires, en y impliquant éventuellement les étudiants, pour lancer le processus d'approvisionnement sur une bonne base éthique ; le programme pourra ensuite évoluer avec le temps. L'augmentation du nombre de programmes de dons - par exemple aux Etats-Unis - est bien la preuve que faire un bon usage de ressources auparavant négligées est une question de bon sens.
Banques de tissus d'animaux
Il serait aussi très utile d'organiser dans les différents pays - au niveau des régions - des banques centralisées de tissus d'animaux pour accueillir du matériel de provenance éthiquement acceptable, afin de pouvoir fournir une plus grande variété de tissus d'animaux (et de cadavres) et assurer une source fiable et cohérente pour l'enseignement. Si les processus d'acquisition et de distribution de ce matériel sont, dès le départ, bien pensés et mis en œuvre, la collecte et l'utilisation quasi immédiate de tissus frais seront tout à fait possibles. Ainsi, du sang provenant d'animaux de compagnie en bonne santé, stocké avec le consentement des maîtres en vue de transfusions susceptibles de sauver des vies et d'un nombre croissant d'autres besoins thérapeutiques, pourrait aussi être utilisé dans l'enseignement pour remplacer le sang prélevé sur des animaux de laboratoire. Il faudrait aussi investir et faire de la publicité pour les banques de sang d'animaux existantes et pour de nouveaux projets afin d'être à même de fournir en quantité suffisante les cliniques et les lieux d'enseignement. Les banques de sang pourraient être étroitement liées aux nouveaux réseaux de banques de tissus.
Les leçons tirées de la mise en place de banques de tissus humains, comme le nouveau réseau européen, peuvent être utilisées lors de la création de banques de tissus d'animaux. Les banques de tissus humains permettent l'acquisition éthique, sûre et contrôlée de déchets chirurgicaux humains, de matériel d'autopsie et de tissus non-transplantables provenant de la recherche et des essais biomédicaux. Bien que le don de tissus humains et leur utilisation pour remplacer les tissus d'animaux sacrifiés dans le domaine de la recherche et des essais ne soient pas encore des pratiques largement adoptées, les excédents de tissus humains peuvent être utilisés pour l'enseignement de la médecine humaine ainsi que de la médecine vétérinaire.
Les étudiants, eux-mêmes, pourraient se porter volontaires pour donner leur propre sang afin qu'il soit utilisé lors de travaux pratiques, dans la mesure où les services de transfusion n'en pâtiraient pas. L'utilisation de sang humain ou animal doit évidemment respecter les directives éthiques et sanitaires et les normes de sécurité. Il ne faut pas oublier que, dans de nombreux pays, le transport de cadavres et de tissus est régi par des lois sur la santé et la sécurité. Il est important de bien connaître la réglementation et s'il s'avère que certaines des restrictions sont inappropriées, il sera alors nécessaire de les remettre en question.
Autres sources d'approvisionnement
Les services universitaires de pathologie reçoivent en permanence des cadavres d'animaux. Des animaux, de petite et grande tailles, sont régulièrement autopsiés et utilisés pour enseigner la pathologie, sans oublier que le public dépose ponctuellement des animaux sauvages morts. Avec une meilleure collaboration entre les départements de pathologie, d'anatomie et de chirurgie, les cadavres d'animaux malades pourraient être plus fréquemment utilisés dans des buts pédagogiques. Par exemple, des parties d'animaux telles que les pattes qui ne sont pas employées dans les cours de pathologie pourraient servir en anatomie, en chirurgie et à s'entraîner à certains gestes cliniques.
D'autres sources possibles de cadavres et de tissus sont les animaux et poissons morts à la suite d'une exposition accidentelle à la pollution (à condition qu'il n'y ait pas de danger toxique) et les animaux décédés suite à des accidents de la route et qui sont encore en assez bon état pour être utilisés. Par exemple, des groupes d'étudiants et de protecteurs de la nature qui aident aux migrations de grenouilles dans certains pays pourraient se procurer certaines de ces ressources.
Les cas limites et les compromis
Les deux exemples ci-dessus illustrent bien les problèmes éthiques inhérents à certaines sources de cadavres; ce sont des cas à la limite de la bonne " éthique " parce que si ces animaux sont morts, c'est uniquement à cause d'un développement économique non maîtrisé, d'une négligence criminelle et d'une société anthropocentrique qui ne respecte guère le territoire et les droits des autres espèces. Parfois, et lorsqu'il s'agit d'espèces plus rares, il se peut qu'il soit difficile de trouver des animaux de provenance éthiquement acceptable. Des sources non idéales telles que les élevages, les instituts de recherche, certains refuges d'animaux, fermes, abattoirs ou centres d'évènements sportifs - qui sont des lieux où les maltraitances, l'abattage et le commerce des animaux sont chose courante - peuvent représenter, pour certains étudiants, un compromis acceptable, mais seulement si le cadavre ou le tissu était destiné à être jeté et si l'approvisionnement en tant que tel ne contribue pas à faire durer la pratique douloureuse sur l'animal. Des organes jetés dans les abattoirs peuvent être considérés comme acceptables, mais pas des carcasses entières ; un chien de refuge ayant été euthanasié parce qu'il souffrait d'une maladie incurable peut être utilisé, mais pas un chien qui a été tué tout simplement parce qu'il était " difficile " à faire adopter. L'approvisionnement en cadavres d'animaux doit donner la priorité aux programmes de dons où il n'y a aucune ambiguïté au niveau de l'éthique; les sources non idéales ne devraient être utilisées qu'en cas d'absolue nécessité. Des sociétés de matériel biologique utilisent habituellement des animaux sains qui ont été tués : cela reste inacceptable du point de vue éthique.
Préservation et stockage
Le prochain sujet qu'il faut aborder est celui de la conservation et du stockage des cadavres. Bien sûr, certains des cadavres peuvent être récents et utilisés immédiatement ou dans un délai de quelques jours. Le stockage en chambre froide dans les laboratoires d'anatomie ou de pathologie permet de conserver le cadavre en bon état et de ralentir l'autolyse. La réutilisation du cadavre et le stockage en vue d'une utilisation future nécessiteront toutefois plus qu'une chambre froide. Si l'on veut assurer un nombre suffisant de cadavres pour répondre aux besoins de la formation, il faut un bon planning et des installations de stockage à long terme.
La congélation des cadavres est une solution. Une préparation minutieuse avant la congélation, qui consiste à vider le cadavre de son sang, à le refroidir immédiatement par dépeçage, et à le mettre au congélateur dans les plus brefs délais, pourra contribuer à une bonne conservation des tissus et permettra de garantir une décongélation uniforme avant utilisation. Des liquides de préservation, contenant la plupart du temps du formol, qui est toxique et polluant, sont très souvent utilisés pour fixer les cadavres. On peut utiliser des associations de produits chimiques pour différents tissus en fonction du résultat recherché, qui peut être soit la diversité des textures de tissus, soit la longévité.
La cryopréservation, l'imprégnation de silicone (silyophilisation) et toute une série de techniques de plastination sont de plus en plus utilisées pour la préservation de cadavres, d'organes et de coupes tissulaires fines, mais les techniques de préservation peuvent encore être améliorées. En plastination, l'eau et les lipides qui se trouvent dans le cadavre sont remplacés par des polymères plastiques qui sont ensuite durcis, ce qui donne de véritables spécimens avec des textures et des structures qui sont très bien préservées. Différents types de polymères, comme le caoutchouc de silicone, la résine époxy et le polyester sont sélectionnés pour produire des spécimens à souplesse et opacité variables, et l'on peut utiliser des colorants pour faire ressortir certaines structures. Ces spécimens sont plus durables et plus pratiques à manipuler que ceux qui ont été traités avec les liquides de fixation classiques. La silyophilisation et la plastination offrent aussi l'avantage d'un environnement plus sécurisé et moins toxique pour ceux qui travaillent à la préservation des cadavres et pour ceux qui utilisent les spécimens dans un but pédagogique.
Travail clinique avec des animaux amenés en consultation et des animaux " volontaires "
On s'attend forcément à ce que des étudiants en médecine acquièrent de l'expérience avec de vrais patients et il est évident que plus ils acquerront d'expérience - bien ciblée et au bon moment - meilleure sera la formation. L'environnement en milieu hospitalier (ou dans des cliniques) est idéal pour que les étudiants en médecine puisse effectuer au mieux leur apprentissage, que ce soit pour acquérir des compétences au niveau personnel, des gestes cliniques ou disposer d'un maximum d'opportunités pour l'étude de l'anatomie, de la physiologie ou d'autres branches du secteur médical. Il est aussi reconnu que l'apprentissage, basé sur le système de résolution de problèmes face à des cas cliniques est lui aussi une excellente approche pédagogique qui est appliquée à travers le monde. Les deux approches sont en train de se substituer à l'expérimentation animale, dans les pays où elle a encore cours, pour l'enseignement de la médecine humaine.
Une formation réaliste
Les étudiants vétérinaires peuvent en effet acquérir des compétences cliniques et une expérience chirurgicale en faisant du travail neutre ou en soignant des animaux malades ou des animaux " volontaires ". Dans certaines parties du monde, cette pratique est déjà courante pour les étudiants et le fait de travailler pour le bien des animaux plutôt que de faire de la vivisection est devenue la norme7. Ce genre d'approche permet non seulement de remplacer l'utilisation d'animaux tués exprès et les procédures stressantes, invasives, voire mortelles, mais elle encourage aussi le respect et les égards pour l'animal et peut amener les étudiants à s'impliquer activement dans le processus tout entier des soins aux animaux, depuis le diagnostic jusqu'aux soins post-opératoires et la guérison. Ces alternatives aideront aussi l'étudiant à acquérir d'autres compétences nécessaires pour exercer sa future profession et, entre autres, l'expérience de l'environnement clinique et de ses exigences, à savoir : apprécier la diversité des patients, des situations cliniques, comment communiquer avec les collègues de travail et les détenteurs d'animaux. La clinique est à même d'offrir un cadre pour une formation des plus réalistes et des plus pertinentes, ainsi qu'un réel apprentissage. L'utilisation d'animaux dits de " clinique " - qui sont gardés et réutilisés pour des sessions de formation se terminant tôt ou tard par le sacrifice de l'animal - n'arrive certainement pas à ces mêmes résultats et va à l'encontre de l'éthique vétérinaire qui est de soigner et de guérir les animaux.
Acquisition de compétences
Quand on parle d'animaux " volontaires ", il s'agit par exemple des animaux de compagnie des étudiants. En effet, on encourage ces derniers à faire participer leur animal aux séances de formation non invasives et non douloureuses. La manipulation, l'examen clinique, les prises de sang et la confection de bandages sont des exemples de ce qui peut tout à fait se faire avec un animal volontaire. A partir du moment où l'on utilise la récompense plutôt que l'intimidation et la punition et que l'on reconnaît à l'animal le droit de mettre un terme à sa participation, dès qu'il montre de la peur ou de la gène, on se retrouve dans un environnement qui prend en compte la dimension éthique ainsi que le respect dû à l'animal.
Pour la formation à d'autres compétences cliniques, le recours à des procédures invasives peut être justifié à condition qu'elles soient effectuées dans le cadre d'un travail clinique bénéfique pour les patients. Faire souffrir un animal pendant une procédure et/ou un traitement clinique n'est acceptable qu'à partir du moment où il s'agit d'un mal minimal, nécessaire pour le soigner ou le guérir. Lorsque des étudiants doivent effectuer un travail clinique, ils doivent, préalablement, avoir acquis la maîtrise des compétences nécessaires, obtenue soit par l'utilisation des solutions alternatives non animales telles que des modèles, des mannequins, des simulateurs, soit par la simulation sur ordinateur, grâce à laquelle ils pourront acquérir de l'expérience en matière de gestion de crise, de soins d'urgence et d'autres types de procédures. La sécurité et le bien-être de l'animal ne doivent jamais être mis en danger par les étudiants, et des enseignants qualifiés doivent toujours être présents et assurer une supervision lors de procédures d'apprentissage sur des animaux vivants.
C'est dans le cadre d'une clinique, face à de vrais patients, qu'on apprend le mieux à traiter des blessures, à intuber, à faire de la chirurgie simple ou même plus complexe, tout en respectant la dimension éthique. Il y a de nombreuses façons d'acquérir la maîtrise des gestes chirurgicaux qui, non seulement, ne font aucun mal aux animaux, mais qui contribuent à leur bien-être. Dans les cliniques des écoles vétérinaires et les cabinets privés, qui reçoivent un flux permanent d'animaux, l'observation des procédures, la chirurgie assistée par les étudiants et, en dernier lieu, l'accomplissement par les étudiants, eux-mêmes, de procédures simples contribuent à offrir un enseignement de qualité qui remplacera l'utilisation de méthodes préjudiciables pour les animaux et pourra apporter une aide très appréciée par les vétérinaires.
Cependant, cette voie alternative qui consiste à travailler dans une clinique signifie également un surcroît de travail pour le vétérinaire, surtout pendant la période de mise en place du programme. Il sera donc nécessaire d'apporter des changements au niveau des programmes et de l'organisation dans les universités, pour mettre davantage l'accent sur le travail clinique avec les animaux. Ces changements sont déjà en cours : aux Etats-Unis, plus de la moitié des cliniques des écoles vétérinaires ont établi un système de partenariat avec des " cliniques vétérinaires communautaires ", mises en place pour permettre aux étudiants d'avoir une expérience clinique des premiers soins à dispenser aux animaux vivant au sein de leur communauté. Si, dans certains cas, on se trouve face à des contraintes au niveau du temps et du personnel, la priorité sera d'établir des liens avec les cabinets vétérinaires indépendants. Nombreux sont les étudiants qui travaillent déjà comme assistants dans des cliniques vétérinaires, pendant leurs études ou les vacances universitaires, afin d'acquérir une expérience enrichissante ; cette pratique pourrait être généralisée pour que tous les étudiants puissent en bénéficier.
Stérilisation des animaux de refuge
Il existe d'autres opportunités de travail intéressantes qui méritent d'être prises en considération, car elles contribueraient à remplacer l'expérimentation animale tout en offrant aux étudiants une expérience pratique : en particulier, dans les refuges où les animaux pourraient bénéficier de soins de base supervisés et de stérilisations effectuées par les étudiants. Comme pour l'approvisionnement de cadavres de source éthiquement acceptable, la difficulté résidera dans la mise en place et le maintien d'une infrastructure dont tous pourront bénéficier. Les étudiants peuvent proposer de travailler gratuitement, mais, en échange, ils auront acquis une précieuse expérience.
Deux opérations, parmi les plus courantes, qu'auront à faire les étudiants après l'obtention de leur diplôme de fin d'études, sont la castration et la stérilisation des animaux de compagnie et des chiens et chats errants, or ce sont typiquement des procédures auxquelles ils peuvent participer dans les refuges. Bien sûr, ces deux opérations exigent un certain niveau de compétence de la part de l'étudiant, tout comme une supervision initiale. La castration est une opération plutôt simple qui peut s'apprendre assez rapidement ; en revanche, la stérilisation demande plus de pratique. Toutes les universités devraient offrir plus d'occasions aux étudiants de pouvoir pratiquer ce type d'intervention, lors de campagnes de stérilisation par exemple. Ce genre d'" apprentissage-service " se fait, parfois, par le biais d'une coopération entre universités et associations de protection animale. Un animal stérilisé se place plus facilement qu'un animal qui ne l'est pas, et la stérilisation entraîne forcément une réduction du nombre d'animaux errants.
Amélioration du potentiel
Le potentiel éducatif des cliniques, notamment dans le cadre des hôpitaux universitaires, peut être optimisé en permettant à des étudiants, de diverses disciplines et de niveaux différents, d'observer le travail clinique réalisé sur les patients. Ceci peut être fait en direct ou des enregistrements peuvent être réalisés puis visionnés par petits groupes ou projetés sur un écran pour le bénéfice de groupes plus nombreux. Des enseignants peuvent commenter la procédure, en adéquation avec le niveau des étudiants et il est ainsi possible d'illustrer non seulement des procédures chirurgicales mais aussi des éléments d'anatomie, de physiologie, de pharmacologie et de soins d'urgence. Les enregistrements peuvent être édités et servir à la production de vidéos ou d'alternatives multimédia. Le matériel de la clinique, y compris les urines, fèces et prélèvements sanguins, peut aussi être utilisé pour l'enseignement de la pharmacologie, de la parasitologie ou de l'immunologie, par exemple. Le potentiel s'étend ainsi au-delà de la clinique.
Auto-expérimentation des étudiants
Pour la majorité des étudiants en sciences de la vie, on ne saurait trop insister sur l'importance que revêt le travail pratique sur un corps vivant. Pour bien comprendre les processus physiologiques et la pratique des gestes cliniques, l'expérience sur un corps vivant est absolument nécessaire. L'étudiant consentant est un excellent outil pour les expériences et l'auto-expérimentation est une alternative éthique non invasive. L'implication intense dans tous les travaux pratiques d'auto-expérimentation et la référence à soi-même en font une expérience mémorable et fortement appréciée par l'étudiant - deux facteurs qui jouent un rôle primordial sur le plan didactique.
La biologie et la médecine humaine
Le recours à l'auto-expérimentation et la formation aux compétences cliniques sur les étudiants sont devenus tout à fait courants dans la plupart des établissements. Dans l'enseignement médical, il est désormais habituel que les étudiants procèdent à des prises de sang, des mesures de la pression artérielle ou des poses de cathéters veineux sur eux-mêmes. Le matériel de laboratoire type que les étudiants utilisent pour les travaux pratiques d'auto-expérimentation peut permettre de réaliser des analyses d'urine ou de sang - avant et après avoir fait de l'exercice ou avant et après l'ingestion de différentes substances. Ils peuvent aussi utiliser un dispositif d'auto-expérimentation plus sophistiqué avec des équipements et logiciels associés pour procéder à des EEG/ECG et mesurer la température de la peau en position de repos, pendant un exercice et dans des situations de stimulation mentale, la vélocité de la conduction nerveuse et l'EMG, la fonction pulmonaire, ou procéder à d'autres tests8. Il y a le choix entre des leçons préprogrammées, pour démontrer des principes physiologiques de base, et la possibilité de créer des modèles pour des cours faits sur mesure. On peut aussi collecter des données (pour en faire l'analyse ultérieure) à partir de mesures physiologiques prises lors de circonstances plus extrêmes, comme après avoir effectué un tour sur les montagnes russes dans un parc d'attraction, et ce, en utilisant la télémétrie9, une technologie qui a l'avantage d'être très souple d'emploi.
Bien sûr, les travaux pratiques faisant appel à l'auto-expérimentation doivent répondre aux normes éthiques les plus rigoureuses qui exigent : le principe du consentement éclairé ainsi que le droit de mettre fin à sa participation ; la supervision par un enseignant qualifié ; l'absence de risques, de dommages et de gêne ; l'anonymat des données lorsque cela s'impose. Il serait préférable dans la plupart des cas que des comités d'éthique locaux évaluent et approuvent préalablement ce genre d'expériences.
Pertinence pour les vétérinaires
Le corps humain peut être utilisé dans toutes les matières enseignées en sciences de la vie, y compris la biologie générale et la médecine vétérinaire. Les étudiants vétérinaires auraient beaucoup à apprendre de l'auto-expérimentation, car les humains peuvent très bien servir de modèles pour certaines techniques médicales effectuées sur les animaux. S'entraîner à des gestes cliniques sur un étudiant, comme premier " patient ", plutôt que sur un animal, peut contribuer à créer un environnement bien plus propice à l'apprentissage de compétences et à la prise de confiance : aucun stress ou mal n'est infligé à un animal et les étudiants n'ont pas à gérer ce problème éthique; on a une meilleure maîtrise de la formation et le " patient " peut réagir aux suggestions et donner son feedback. L'étudiant aura, de plus, la possibilité de comprendre ce que ressent un patient, une expérience qui fait souvent défaut aux étudiants vétérinaires, contrairement à ceux qui font des études en médecine humaine. Les étudiants devront évidemment apprendre à appliquer les techniques sur les animaux, mais ils seront mieux préparés : faire une prise de sang à un lapin ou à un cheval exige des méthodes tout à fait différentes, mais prélever du sang sur un étudiant est une excellente expérience intermédiaire.
Les laboratoires in vitro
Les progrès rapides et l'adoption des technologies in vitro pour la recherche et les essais sont dus aux avantages scientifiques et éthiques de la culture de tissus et de cellules. Le coût moins élevé, la rapidité de dépistage dans les études de toxicité et le fait que les essais in vitro sont plus fiables et reproductibles sont des facteurs très positifs auxquels vient s'ajouter l'avantage éthique de ne pas utiliser d'animaux in vivo. Ce changement oblige l'étudiant à se familiariser avec les nouvelles techniques, et les travaux pratiques in vitro peuvent l'y aider. En donnant davantage d'importance aux études de pharmacologie et de physiologie cellulaire, par exemple, il serait possible de réduire de façon significative les expériences sur animaux. Des tissus et des cellules d'animaux, utilisés pour des travaux in vitro, peuvent être obtenus à partir de sources éthiquement acceptables. Des progrès réalisés récemment permettent de disposer de sérum de remplacement d'origine non animale et de milieux de cultures de cellules sans sérum, apportant ainsi une solution au problème éthique de l'utilisation traditionnelle de sérum de fœtus bovin. De plus, pour certains des travaux pratiques de biologie cellulaire, les tissus et les cellules d'animaux peuvent être directement remplacés par du matériel végétal : pour l'étude de la respiration cellulaire et le transport d'électrons, on peut, par exemple, remplacer les foies de rats10 par des mitochondries provenant de navets, de pommes de terre et de betteraves. Avec des préparations d'animaux provenant d'une source éthiquement acceptable ou avec du matériel végétal, ces travaux pratiques in vitro peuvent tout à fait être considérés comme des solutions alternatives.
Études de terrain
Les étudiants en biologie, zoologie, éthologie et même en écologie peuvent être amenés à observer des animaux dans un environnement de laboratoire sensé représenter la nature et ils peuvent aussi se retrouver dans une situation où l'interaction avec les animaux risque d'avoir un impact négatif sur ces derniers ainsi que sur leur habitat. Mais la biologie n'est pas uniquement une question d'expérimentation et son étude n'implique pas d'infliger des dommages aux animaux. Les connaissances actuelles sur les animaux et la nature ont été principalement acquises par l'observation et par d'autres études de terrain non invasives. La tradition d'étudier les animaux dans leur environnement naturel est une alternative qui apporte beaucoup, elle devrait être examinée de plus près et développée afin de remplacer certaines méthodes préjudiciables pour les animaux qui sont employées pour enseigner les matières citées plus haut.
Ce genre d'études sur le terrain permet d'étudier les animaux et leurs comportements naturels plutôt que d'observer les comportements très limités et stéréotypés que l'on voit chez les animaux détenus, individuellement ou en groupe, en laboratoire. Ce genre d'expérience sera beaucoup plus enrichissante pour l'étudiant et lui fera mieux comprendre que les animaux sont des individus libres, possédant leur propre intégrité et qu'ils existent au sein d'un réseau complexe et dynamique qui comprend diverses réalités sociales, culturelles et écologiques.
Lieu et impact
Le travail de terrain idéal devrait contribuer à la protection de l'animal et à son bien-être, que ce soit directement ou indirectement. Il ne devrait en rien léser l'animal et devrait entraîner un minimum de perturbations, voire aucune. C'est bien sûr au cours de la planification des différentes étapes de travail sur le terrain que l'on évaluera si l'activité prévue aura ou non un impact et que l'on étudiera les façons de le minimiser. L'impact dépendra du site, de l'espèce, de la méthode et de bien d'autres facteurs. Il faut éviter les zones écologiquement sensibles et les espèces menacées, à moins que l'activité en question ne leur apporte de réels bénéfices. Les enseignants doivent avoir les compétences et connaissances spécifiques concernant les animaux et les habitats concernés par l'étude. Il est nécessaire d'évaluer, à la fin de l'étude, les méthodes choisies afin de garantir une analyse approfondie des résultats et pouvoir faire des suggestions d'amélioration pour l'avenir.
Les champs et les forêts offrent de très belles opportunités pour des études de terrain. Les étudiants peuvent facilement y observer les insectes, les oiseaux et quantité d'autres animaux sans les déranger. La sensibilisation de l'étudiant et de l'enseignant aux animaux et à leur habitat sera bénéfique à la fois aux études en cours et aux animaux. Des techniques telles que l'analyse d'excréments, l'observation et le suivi à distance peuvent contribuer à réduire encore les perturbations éventuelles.
Les villes et les agglomérations sont aussi très riches en ressources pour étudier des populations sauvages ou semi-sauvages d'animaux locaux tels que les pigeons, les rats, les renards et, dans certains pays, les vaches et les primates11. Les insectes, les chiens et chats domestiques, ainsi que les animaux errants peuvent aussi faire partie des travaux de terrain des étudiants, tout comme les humains eux-mêmes. Il y a d'autres possibilités de sites éthiquement acceptables comme les centres de conservation, les centres de réhabilitation d'animaux sauvages, les refuges pour animaux de ferme et les refuges recueillant les animaux errants et ne pratiquant pas l'euthanasie : on peut y étudier des espèces particulières qu'il ne serait pas possible d'observer ailleurs pour des raisons d'ordre pratique ou éthique. Les zoos et autres lieux de captivité permanente n'offrent que très rarement un environnement suffisamment naturel qui garantisse l'intégrité des animaux pour justifier leur inclusion dans un travail de terrain, bien qu'on puisse les prendre en exemple pour illustrer la souffrance et les façons dont il ne faut pas détenir les animaux.
Interaction homme/animal
On peut aussi observer les interactions entre l'homme et les animaux. L'étude de populations animales avant, pendant et après une interaction bénéfique pour les animaux peut apporter des éléments très intéressants à analyser; comme exemples de sujets à étudier dans ce contexte et profitant directement à l'animal, il y a le comportement de nidification au sein de populations de pigeons installés en pigeonnier ou l'interaction sociale dans un groupe de chats errants qui ont été stérilisés et qui bénéficient d'abris et de nourriture.
Il existe un autre type de travail sur le terrain plus complexe : l'étude des relations homme/animal où le protocole est planifié de façon à ce que l'interaction se fasse au gré des animaux. Pour ce genre de travail, il est nécessaire de posséder de solides connaissances et d'avoir été sensibilisé aux comportements des animaux et à l'interaction entre espèces. La difficulté consiste à créer une situation où ce sont les animaux qui prennent l'initiative d'interagir et de participer à l'étude. Ils ne sont aucunement forcés à faire quoi que ce soit et ils peuvent à tout moment s'éloigner d'un bon ou en marchant, ou encore s'envoler. Cette
" expérimentation positive " donne aux animaux la possibilité d'être en contrôle plutôt que d'être contrôlés et elle doit leur apporter un bénéfice. Ce genre d'expérience est tout à fait comparable à ce qui se fait dans certaines expériences sur des humains, qui sont basées sur le principe éthique de consentement éclairé. Comme pour toute expérience de ce type, les responsables de la planification du protocole doivent toutefois s'assurer que les participants ont réellement le choix de participer ou non. Pour citer quelques exemples d'expérimentation positive, nous mentionnerons l'étude des interactions entre des chiens très réceptifs et leur maître, toutes sortes d'autres relations proches bien établies entre l'homme et l'animal ainsi que des interactions éthiquement acceptables entre l'homme et les primates12.
Notes et références
1. The Principles of Humane Experimental Technique (Les principes de la technique expérimentale éthique) - W.M.S. Russell & Burch (UFAW, 1992)
2. La vidéo interactive et les vidéodisques laser sont d'autres outils vidéo numériques moins couramment utilisés
3. Voir mention sous P.O.P. Trainer dans la Partie C - Fichier Alternatif
4. Voir mention sous Surgical Training System (Modèle d'Aboud) dans la Partie C - Fichier Alternatif
5. Par exemple, l'Université de Glasgow (Royaume Uni) travaille à la mise au point d'un simulateur en réalité virtuelle pour former les étudiants vétérinaires aux compétences cliniques.
6. Pour un résumé de ces articles, voir Ethically-Sourced Cadaver Surgery ; rapport soumis à la Murdoch University's Division of Veterinary and Biomedical Sciences (Knight, A., 2000). Voir aussi Balcombe, et Kumar, dans cet ouvrage
7. Par exemple, au Royaume-Uni, l'enseignement des étudiants en médecine humaine fait peu appel à l'utilisation d'animaux leur causant préjudice
8. Voir entrée sous Biopac dans la Partie C - Fichier Alternatif
9. Voir par exemple Axelsson. M.,J. Altimiras & K. Pitsillides (2002). Teleheart : Using Telemetry to Teach Function and Control of the Human Heart - From face-to-face to distance education. Bioscience explained Vol.1.1. www.bioscience-explained.org. Voir aussi entrée sous Teleheart dans la Partie C - Fichier Alternatif
10. The Excellence of Turnip Mitochondrial Fractions. Joaquim A.F. Vicente et Vitor M.C. Madeira (2000). Biochemical Education, volume 28, pages 104-106.
11. Cohen, P.S. & M.L. Block (2001). Field-based Animal Research Approach for Teaching Learning & Motivation. NUCASE. www.casdn.neu.edu/-nucase/library/cohenandblock.html
12. Pour des exemples, voir Smuts, B (2001). Encounters with Animal Minds. Journal of Consciousness Studies. Vol. 8, nos 5-7, pages 293-309
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